12.02.2007

Histoire I : Rome

La mosaïque la plus célèbre trouvée à Mediana,
la luxueuse demeure de l'empereur Constantin.
Aujourd'hui exposée dans le musée de Belgrade
(photo prise par le musée)


Niš tiendrait son nom des Grecs, qui baptisèrent cette colonie Naissos, la cité des nymphes, en s’inspirant de leur nymphe des eaux Naiad et de la belle rivière traversant cette vallée. (photos)
Les Romains, lors de la conquête de la Grèce, prirent le contrôle de la ville et transformèrent Niš en une base stratégique nommée Naissus.
À l’aube du troisième siècle, les Goths envahirent la région. Leur lutte contre l’empire Romain prit sa tournure la plus sanglante lors de la bataille de Naissus, qui fut le premier carnage mémorable subit par cette ville (on dénombra entre 30000 et 50000 cadavres). Les Romains emportèrent la victoire et la ville resta dans l’empire pour deux siècles supplémentaires.

En 272, le fils du commandant Constantius Chlorus naquit à Naissus et devint l’empereur Constantin le grand. Il construisit une vaste résidence luxueuse à Mediana, (en bordure de Niš) ou il prit de nombreuses décisions concernant tout l’empire.
Au quatrième siècle, toujours sous le joug Romain, on construisit à Niš l’un des plus ancien monument chrétien.
Pendant plus d'un siècle, Naissus acquit la prospérité et devint un carrefour entre l'orient et l'occident. Ce qui attira rapidement les convoitises.
Attila pilla et rasa la ville entière en 443, en massacrant tous ses habitants au passage. Des années plus tard, on trouvait encore des milliers d’ossements humains à travers Niš.
L’empereur Justinian I tenta vainement de reconstruire la ville qui ne recouvrit jamais sa splendeur du quatrième siècle.



quelques restes de la luxueuse villa de Mediana, marqués par le passage d'Attila

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10.09.2007

zidovi nose historju - les murs portent l'histoire - history written on walls

History of Serbia through the architecture of Niš.
On the bottom, an old wall of Tverdjava, a fortress used by Romans and Ottomans. On the background, a house from the monarchist period.
On the top, grey buildings from communist time, and in the middle, new and colorfull buildings, constructed by private firms, witness of the actual capitalist system.
L'histoire de la Serbie à travers l'architecture de Niš.
Tout en bas, un mur de Tverdjava, forteresse utilisée par les Romains
puis par les Ottomans, en arrière plan une bâtisse issue de l'époque monarchiste.
Tout en haut, les buildings gris de l'époque communiste, et au centre, les bâtiments contemporains fabriqués par des sociétés privées, frais témoins du capitalisme actuel.

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9.16.2007

svetla - lumière - light

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8.25.2007

Zajdi zajdi jasno sunce - couche toi brillant soleil - Sunset Macedonian song

En orthographe francisé : Zaïdi, zaïdi, yasno souncé








Traduction des paroles :
Couche - toi, couche - toi brillant soleil
Couche - toi, assombri - toi
Et toi, éclatante pleine lune
Vas t'en, noie toi !

Pleure forêt, pleure ma soeur
Pleurons ensemble
Moi je pleure ma jeunesse
Et toi tes feuilles

Tes feuilles
Forêt ma soeur
Vont revenir un jour
Ma jeunesse
Forêt ma soeur
Ne reviendra plus

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8.20.2007

Klima - climat - climate


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8.08.2007

Centar - centre ville - center



cliquez sur le presqu'panoramique, il est pas mal en grand..

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Četvrtina spavaonica - cités dortoir



Le coeur d'une cité dortoir de Niš, avec ses étendues de gazon, ses parkings, son terrain de basket, son "trafik" (tabac, presse, épicerie)..

Les travailleurs agitent bruyamment la cité le matin et le soir. Dès cinq heures, dans le concert matinal des oiseaux, les voitures poussives lancent leurs premiers râles, les bus ramassent leurs premières grappes de salariés endormis*. Vers sept heures les écoliers, collégiens, lycéens, prennent le relais en piaillant. Une heure plus tard, la cité, presque vide, se rendort.
L'après midi les poubelles et leur lot de bagarres entre chiens et chats errants deviennent les seuls points d'agitation du bitume et du gazon presque déserts. Quelques bébés se promènent en famille, quelques anciens marchent en solitaires, quelques jeunes, échappés du collège, s'entraînent au basket pour les matchs du soir.
Parfois un homme abattu traverse lentement la cité, bâtiment après bâtiment, étage après étage, pour tenter de trouver derrière l'une des deux cent cinquante portes un acheteur pour ses quatre assiettes et sa paire de pantoufles.
On entend le son d'une télé crachotante, l'accordéon d'un voisin mélomane, les sabots des chevaux tsiganes, les coups de marteau des chantiers tout proches. Des gens bronzent sur leur balcon, étendent le linge, discutent parfois la tête dans le vide avec le voisin du balcon supérieur.
Le soir, les jeunes se regroupent en fonction des âges. Les grands prennent d'assaut le terrain de basket jusqu'à deux ou trois heures du matin. Les plus jeunes s'assemblent pour discuter ou jouer au foot, souvent ils se séparent à nouveau en deux groupes côte à côte, parfois ils s'éparpillent dans toute la cité, mais rarement.


Les gens se connaissent un peu tous, comme dans les villages, mais beaucoup affirment que c'est un fait récent. De très nombreux habitants se sont rencontrés lors des rassemblements spontanés qui ont eu lieu au coeur des cités dortoirs pendant les bombardements de l'Otan.
Des âmes têtues qui se remontaient le moral à coups d'eau de vie, de slogans nationalistes et de grands rires, ou juste des spectateurs effrayés qui se rassemblaient pour commenter fébrilement les salves d'obus téléguidés. Avec une brique de lait et un morceau de pain par jour et par famille, il faut imaginer toute une bande de crève-la-faims apeurés mais fiers et rageurs, mettant en place la survie du quartier, affichant une solidarité bruyante, défiant les bombardiers lors de concerts où chaque spectateur brandissait au dessus de sa tête une cible photocopiée.
L'intensité des échanges humains pendant cette période est raconté par tous avec fierté et parfois même une certaine nostalgie. Beaucoup parlent d'amour et d'amitié reçus et donnés de manière hystérique, balayant les privations et l'anxiété extrême du moment.
Quelques habitants devenus amis m'ont expliqué, à voix basse, combien cette flambée de sentiments solidaires était aussi fragile que tapageuse. Entourée du fracas des bombes, de rumeurs alarmistes et superstitieuses, de conflits entre pro et anti Milosevic, d'actes de pillage, de folie, de panique.. Un avant-goût de chaos anarchique et violent, que l'on passe volontier sous silence dans les récits, pour s'en tenir à l'essentiel : la flamme des solidaires a tenu.
Le contexte a tissé des liens en tous sens entre les étages et les bâtiments, liens qui existent encore aujourd'hui, et qui expliquent pour certains habitants le sentiment de "grande famille", en vogue dans les cités dortoir de Nis, et dans toute la Serbie bombardée.

* voir "Jutro - matin - morning" dans le menu

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8.07.2007

periferia - periphérie - suburb


Dans les quartiers de maisons en chantier, c'est chacun chez soit. La construction des étages et le potager à occupent la plupart du temps libre des adultes. Les jeunes s'enfuient retrouver leurs potes dans le centre ou dans les cités dortoirs toutes proches. Dans les chemins mi-boue mi-goudron personne pour ralentir le pas. Seules restent les poules pour offrir un peu d'animation.

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Ces deux là ne sont pas côte à côte le temps d'un week-end chez mémé,
ils vivent ensemble.

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7.20.2007

Gradilište - chantier - building site

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7.19.2007



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Nova Četvrtina - nouveau quartier - new district


Tous les batiments photographiés ici sont habités (si!si!), quelques explications vous attendent dans les commentaires..



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Quatre types d'habitations se bousculent dans ce quartier champignon, en périphérie de Nis. Les maisons rouges aux étages en éternels chantier, les grosses bâtisses un peu plus anciennes qui abritent plusieurs familles, les maisonnettes avec chat, cochon et potager, et ce manoir flambant neuf planté au milieu des bétonnières et des briques.
Mes guides Igor et Tanja ont fermement refusé de me laisser y sonner, saisis d'une peur terrible. Pour eux une demeure de ce genre ne peut être qu'un nid d'âmes criminelles et mafieuses.

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Beverly Hills


Ce quartier en pleine construction est surnommé, non sans humour, "Beverly Hills" par les habitants de Nis. Il rassemble la plus forte concentration de richesses de cette ville. On y rencontre notamment le nouveau directeur de l'industrie de tabac de Nis, un français (qui a fait de l'ancien directeur serbe son jardinier), et des stars des médias Serbes.

Je me suis donc approché des ouvriers pour leur demander s'ils connaissaient quelques futurs propriétaires. Ils m'ont répondu d'une seule voix pleine de fierté : "celle-ci est pour le premier ministre !!" - tiens, coïncidence amusante..


Le seul endroit de Nis où l'on trouve un style de jardins à la mode occidentale
(c'est moche hein?).

Ouvrier en pause sur la terrasse d'une villa.

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7.07.2007

Hrana u bašti - potagers urbains - food in the garden


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Jedan dan, dva posla - doubles journées - one day, two jobs


De nombreux Serbes de Nis commencent leur emploi principal à sept heure du matin et finissent à quinze heure, pour un salaire très maigre. Devant une situation que le premier ministre Serbe résume, avec un peu d'exagération, à "des salaires africains pour des prix européens", les habitants se débrouillent après quinze heure pour compléter leurs revenus dérisoires. On les retrouve vendeurs de ciseaux et de robinets au Buvljak, vendeurs de vêtements importés de Turquie envahissant le marchés aux légumes, artisans tapant sur des gouttières ou pétrissant la pâte de délicieux bureks au fromage, garagistes, ébénistes et couturières oeuvrant à domicile.
Les travaux agricoles prennent une bonne place dans cette activité secondaire, entre quinze et seize heures les bus rouges de Nis emmènent des milliers de serbes aux villages alentours. Des professeurs, policiers, employés de mairie et ouvriers, y passent l'après midi le nez dans un sillon, avec femme, bottes et tracteur.
En ville, quelques terrains exploités, trop petits pour suffire à un paysans et sa famille, témoignent de ces doubles journées, et le chant du coq retentit parfois près des plus gros carrefours, en guise de symbole.

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6.17.2007

Buvljak - le marché au troc - second hand market



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"Notre passé est sinistre, notre présent est invivable, heureusement que nous n'avons pas d'avenir."
〔anonyme, Serbie〕

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A partir de cette rue s'étend un marché beaucoup plus "normal", ou serbes et tsiganes vendent des fruits et légumes mais aussi de nombreux vêtements. Dans la partie réservée au Buvljak, et dans les rues environnantes, on rencontre la pauvreté des serbes et le dénuement total des tsiganes. L'ambiance est pesante et les achats très rares malgré des prix cassés. Le regard du vieil homme est pour moi lourd de sens, le marché du troc provoque un regroupement de clients et de vendeurs fauchés et malheureux. Je vous laisse imaginer ceux qui vendent deux cassettes audio et une paire de chaussures ; ceux qui, assis par terre et la tête baissée, vendent un balais, deux stylos et un jeu pour enfant ; ceux qui m'envoient au diable parce que je veux filmer leur étalage d'autoradios douteux ou leur stand plein de vestes volées à l'armée serbe.
La misère et la magouille comme spectacle je m'en passe volontiers, j'aime tenter de trouver ce qui peut être beau ou même juste sympathique dans cet enfer.

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6.08.2007

Romi / cigani - Roms / tsiganes

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En ville les Roms (ou tsiganes) vivent dans des quartiers aux allures de bidonvilles boueux et ne se mélangent pas aux Serbes. Ils conduisent des carrioles et fouillent les poubelles de la ville entière pour y ramasser toutes sortes de choses. Ils revendent ensuite leurs trouvailles, notamment auprès d'usines de recyclage des cartons d'emballage. (une sorte de tri sélectif version Serbo-Tsigane).

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Romi u selu - Roms au village


Dans le village de Mokra il y a quatre petites maisons très colorées typiques des tsiganes, qui contrastent avec les maisons serbes, en majorité blanches.
L'une d'entre elle, peinte d'un vert vif, est habitée par Džamil (djamil, prénom tsigane), Hilmija (ilmiya, prénom tsigane) et deux de leurs enfants, Zoran et Svetlana (prénoms serbes, les Roms de Serbie ont tendance à abandonner les prénoms typiquement tsiganes).

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Morceaux choisis de notre échange :
à propos des serbes : "les serbes d'ici s'entendent bien avec nous, nos enfants jouent ensemble, (posant la main sur la tête d'une jeune serbe du village) la petite voisine vient quand elle veut, et elle le sait ! (la jeune fait oui de la tête). Mes amis sont presque tous serbes."
à propos des conditions de vie : "J'aide ceux qui possèdent des terres pour les travaux des champs, et ils me payent un peu. Aujourd'hui les gens ne peuvent me donner que des salaires en aliments, car ils n'ont plus d'argent pour eux-même. Nous survivons avec une pension misérable de ma femme. Ma fille ainée est mariée à un allemand et ils nous aident un peu."
à propos des Roms : "je ne connais rien à l'histoire de mon peuple et cela ne m'intéresse pas. Mon histoire est celle des serbes et du village de Mokra. Nous cultivons simplement certaines traditions de notre peuple, regarde ma maison, jamais tu n'en verras une aussi colorée appartenir à un serbe."

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"Filme ma fille et montre son beau sourire en France, je lui cherche un prétendant et j'aime beaucoup les français, au fait, tu es célibataire ?"
(mon guide et sa femme font non de la tête, je les fusille du regard, tout le monde se marre..)


"Bon je te joue un petit air de cornemuse, d'accord ? Si tu veux comprendre ce qui fait la vie d'un Rom tu dois écouter son instrument."

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5.31.2007

Selo Ukras - village : décor (background)

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5.30.2007

nouvelles photos sur le thème / new pictures on :
jutro - matin - morning

5.21.2007

Zivot na selu - vie au village - life in village



I met in serb villages some people i'll never forget. Like this one who try to domesticate day after day his young cow, almost wild. This other who put his wife on the home-made carryall to go work on fiels. And this old cheerfull man saying to me that, as a producer of his own wood, meat, bread, cheese, honey, wine and rakija, he saw the war passing by and didn't loose his smile.


J'y ai rencontré des hommes qui m'ont marqué à jamais, tel celui-ci qui passe des jours entiers à tenter d'amadouer sa jeune vache presque sauvage, celui-là qui pose sa petite femme sur sa carriole tout en bois pour s'en aller aux champs, et l'autre qui se marre de me dire qu'en obtenant de ses mains son bois, sa viande, son pain, son fromage, son miel, son vin et sa rakija, il vit passer la guerre en riant...

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les mains travaillent la terre, la terre travaille les mains..

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Far-Est cow-boy


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one little click on the last picture is recommended
cliquez sur la dernière photo pour voir la faucheuse

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5.13.2007

Jutro na selu - matin buccolique - morning in village

04h40

05h00

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05h20

05h21

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Un panneau croisé dans une boutique de Niš, qui informe de la conduite à suivre en cas de coups durs, en utilisant quelques chiffres et schémas étranges. En partant du bas on obtient un crescendo édifiant.

QUE FAIRE EN CAS DE :


GRÈVE



INONDATIONS



INCENDIE



BOMBE NUCLÉAIRE



BOMBARDEMENT



MOBILISATION GÉNÉRALE


il ne manque plus que quelques conseils en cas d'attaque extra-terrestre. Un panneau qui aide à prendre conscience de l'instabilité du pays. Car en se promenant dans les rues Serbes on se sent bien souvent plus en sécurité qu'en France.

5.02.2007

camarade agriculteur - drugar ratar - comrade farmer

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4.14.2007

srbski i romski juke box

Il représente le festival de Guca, un village perdu au sud ouest de la Serbie, où s'entassent chaque été des centaines de fanfares et 300 000 visiteurs. Le site propose les dates, programmes, et photos du festival, mais aussi une sélection de fanfares serbes et tziganes à écouter dans un petit juke-box facile à utiliser.


Une fois sur le site, cliquez sur les noms des artistes, et vous aurez une sélection de leurs morceaux.

Il y a Boban Markovic chanteur et soliste surdoué reconnu dans le monde entier pour ses interprétations de chants traditionnels (bubamara, zajdi, mesecina).
Fejat Sejdic, le vieil arbre tranquille de la vallée de Vranje, terre mythique des trompettes tziganes. Il est l'homme des traditions, de la mémoire (kazuj krcmo dzerimo, mirkov cocek, stevin cocek) mais aussi l'un des compositeur majeur des Balkans (ej fejate ej moj brate, ko to peva moju pesmu).
Goran Bregovic enfin, le plus célèbre en occident. Il est bien plus connu en Serbie comme chanteur de rock que comme arrangeur de musiques populaires et traditionnelles. Mais il a su s'entourer des meilleurs artistes et techniciens pour rythmer les films de Kusturica, avec un rendu esthétique sans faille.

A vous de comparer !

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Sneg - neige - snow

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4.06.2007

jutro u Nišu - matin à Nish - morning in Nish


5h30

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5h40

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6h00

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6h02

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6h17' 25"

6h17' 30"

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6h17' 55"

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6h35

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6h50

7h00

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krov centar - toits centre - roofs center


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ulice - rues - streets

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Svetla se šeta - la lumière se promène - moving light

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Reka Nišava - rivière Nishava - Nishava river

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vece - soir - evening



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slobodan pas - chiens errants - free-ranging dogs




. . . . . . dessin : Alexis Vitrebert. . . . . .

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Le monde animal, Super-Sapiens en tête, retrouve sa vitesse de croisière sur le web, sous la plume courageuse de Pauline, étudiante en éthologie et nouvelle propriétaire énergique de ETHOS LOGOS VULGUM PECUS, le blog qui raconte les comportements animaux, humains et inter-espèces, dans des articles à la portée de tous.

Un petit barrissement de bienvenue s'impose !

Le dessin m'a été offert par Scheiro, retrouvez chez lui quelques débats et articles sur les points communs et les différences entre les hommes et les animaux.

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SURVIVRE A DARWIN *

AUX DEUX YVES



Ville de Niš – Serbie – 06 octobre 2004

Le gros téléphone rouge termine d’avaler mes dernières unités, j’accélère le rythme, ne leur laisse plus de répit ; j’assomme Ana et sa mère de sages résolutions, de promesses obéissantes. Mais depuis la cité dortoir de Somborska, à l’autre bout de la ville, elles font la sourde oreille, et glissent à nouveau toute leur inquiétude dans le combiné, sans oublier les reproches. L’appareil siffle la fin de la partie, et me libère de leurs angoisses. Je raccroche, un peu sonné tout de même, et coupe à travers une résidence. Aux pavillons blancs se succèdent les chantiers de briques rouges et quelques taudis jaunes et mauves de tziganes. Je sors de la ville par la pointe sud de Goritsa, et rejoins la petite route mince et droite, qui mène au parc et au cimetière. L’endroit est vert, calme, invite à de lentes promenades, mais j’y progresse d’un pas pressé, j’enquête. J’ai quelques heures devant moi pour me dévouer à une entreprise exaltante : la traque d’une meute de chiens. L’appareil photo bat contre mon torse gonflé à bloc. L’adrénaline me tend comme un arc, accélère mon souffle, sèche mes lèvres. Elle indique l’approche du moment où tout bascule, l’instant du déclic…

J’ai repéré les chiens hier au matin, près d’une école. Une meute de quinze chiens, dont certains de bonnes tailles, répartis par petits groupes, suivant l’âge, les affinités, et les liens sanguins. À la croisée de leur rue et de mon chemin, la rencontre fut abrupte, le face à face immédiat. Six adultes m’ont approché, sans un grognement, pour me jauger de leurs pupilles et de leurs truffes glacées. J’ai bien tenté de ravaler ma peur, mais j’ai tremblé des pieds aux oreilles. Il y avait surtout un gros mâle, une sorte de chien de montagne, particulièrement puissant. Le calme régnait, la meute s’éloignait en silence, et la fascination m’emporta. Je ne pus alors qu’oublier mon trajet initial, pour me lancer aux trousses des molosses. La meute écuma la ville, ses poubelles, ses jardins, ses rues, ses dépotoirs, provoquant l’effroi ou la colère des habitants. Les jeunes venaient souvent à moi, les adultes surveillaient, poussaient parfois quelques râles, mais laissaient faire. Je m’imaginais presque devenir leur compagnon fidèle, et dormir avec eux, quand le soir venu, sur la petite route du parc, un conflit éclata sans prévenir. Sous les aboiements rageurs de la meute tout entière, et face aux feintes d’attaques du gros mâle, je dus prendre la tangente. La nuit humide d’octobre gagnait la Serbie, et teintait les arbres d’un gris sombre. Caché derrière une lourde barrière en bois, à une trentaine de mètre de la meute, je vis les chiens s’installer dans de gros bosquets, toujours par petits groupes, et par affinités.

Résolu à une deuxième rencontre, et bientôt en vue des buissons, j’avance sur la fine couche de bitume, armé de pellicules et d’un moral d’acier. Mes pas sont ceux d’un géant, je m’habitue à leur rythme, seul dans le silence, quand un jappement m’arrête. Ce doit être un chiot, certainement la meute d’hier, au calme sur ses terres. J’imagine les femelles assoupies, les jeunes qui se chamaillent, et le gros mâle qui guette.. mon sourire s’efface. Une légère angoisse me sert le ventre, vestige des remontrances d’Ana et de sa mère, qui en bonnes serbes terrorisées par les meutes, m’ont promis quelques vilaines morsures. Je m’agrippe les mains moites à l’appareil, et m’avance avec beaucoup moins d’assurance, mais beaucoup plus de frissons, jusqu’au face à face avec les bêtes.

Malheureusement, lorsque mes yeux fixent enfin l’origine des jappements, l’épopée tourne à la pitrerie. Le hasard, habile stratège, se moque de moi, et m’offre en guise de molosse un teckel de cinq kilos à peine, roux et crasseux, qui se frotte avec vigueur au gazon. La bestiole pour chasser ses parasites fait d’incroyables contorsions et gémit d’un plaisir certain. Je m’accroupis et m’applique tout de même un peu pour avoir son œil au moment du déclic, puis cherche aux alentours son, ou sa foutue propriétaire… Mais non, rien que nous deux.
Tiens ? Je me demande ce qu’il fait là, ce vilain roquet, à gesticuler tout seul sur la petite route du parc. Les bosquets de la veille sont abîmés, la terre est couverte de marques et de poils, j’avais pourtant bien là un repère de molosses. Je me remets en marche, pensif, et lui jette ce que je crois être un dernier regard. Mais le chien est à quelques pas derrière moi, sur l’autre rive. Il vient répondre à mes questions, et s’affubler d’un surnom : Hrom (Boiteux en serbe).

Il suffit pour cela de l’observer trottiner à bonne distance. Chaotique trio de pattes, il n’en pose qu’une à l’arrière. L’autre reste le plus souvent collée à son flanc, inutilisable. Le handicap est le cadet de ses soucis, tout en me surveillant du coin de l’œil, Hrom à bien autre chose en tête. La truffe vissée à l’herbe et au bitume, il sonde le monde des odeurs. J’avise alors un quignon de pain dûment rassis et souillé que je considère comme l’indice décisif. Je frappe l’immondice d’un intérieur du gauche, qui l’envoie valdinguer du côté de la bête. Le chien inspecte, renifle, puis avale sans se presser. Le pain et la boue engloutis, Hrom reprend sa marche boiteuse, et me contemple en se trémoussant, tant qu’il peut, de l’arrière-train.
De mon côté, de plus en plus pensif, je m’aperçois que le teckel pose une énigme : Un chien affamé, couvert de puces, sérieusement blessé, seul, qui suit les gens tout en sachant garder ses distances, Hrom le boiteux est un chien de Slobodan, un teckel errant et infirme, qui comme les molosses survit depuis quelques années dans les rues de Nis.
La question c’est « comment ? ».


Trois ou quatre kilomètres nous séparent du parc et du cimetière. Hrom semble réaliser que je n’ai rien pour lui, et renifle de son côté. Pourtant, si j’arrête mon pas, il fait de même, il me suit. Je reprends la marche sur un pas régulier, une dizaine de minutes passent, et le teckel s’impatiente. Il précipite sa truffe et ses trois pattes, et parvient à me distancer. Je le vois rejoindre deux maisons blanches, posées là dans le gazon, sans clôture, avec une petite voie de garage et du linge au balcon. Elles dégagent d’ici, en plus de l’odeur du feu de bois, une allure fort accueillante. Hrom en inspecte les poubelles, fouille rapidement les recoins, et revient vers moi, couinant d’être bredouille, mais content quand même. Il quémande en me faisant tout son cirque de teckel sympa mais très triste et blessé. Je l’ignore en souriant, et regarde, au loin, venir les silhouettes de quelques passants. Un homme, un cycliste et deux vieilles avec foulard et cabas. Tandis que Hrom continu à m’implorer, je regarde ses oreilles, au bout d’un moment elles pivotent. Il dédaigne le cycliste et l’homme seul pour trotter sans hésiter vers les grands-mères. Il couine avec insistance, elles finissent par céder, le pain sort du cabas, et le teckel se régale. Du coup, il semble baptiser les grands-mères nouvelles compagnes, il suit leurs pas de prêt, et réclame. Nos chemins se croisent sans un regard du mendiant, qui passe la truffe fixée aux odeurs de marché, en soufflant quelques soupirs à ses dames. Je continue ma route sans me retourner, ni même ralentir mon pas, œil pour œil dent pour dent. Pourtant, quelques minutes plus tard, je vois Hrom revenir sur mon flanc, il a peut-être décidé d’un chemin, qui semble aussi être le mien, pour l’heure.

Deux chiens errants sont en vue, des bâtards de tailles moyennes, pouilleux et tachetés, qui froissent les buissons en se bousculant. Hrom se rapproche sensiblement de moi, baisse la queue et la tête, et passe en parfait dominé, décrivant autour des molosses un lent arc de cercle. Ceux-là n’ont pas un instant à perdre avec un teckel ou un homme, ils continuent leur chahut, et partent en oblique s’enfoncer dans les champs. Je jurerais que ces deux-là vivent, comme la meute, dans un univers mental beaucoup plus canin et sauvage que celui du teckel. Hrom perd rapidement l'attitude du soumis, et retrouve son entrain, son trot chaotique et joyeux, jusqu’à une énorme benne. Un tsigane en fouille le contenu à la recherche de cartons, et le chien fonce le rejoindre. L’homme l’accueille en riant, le teckel est plus fou que jamais, ils semblent célébrer leur rencontre, ou peut être leurs retrouvailles. Le tsigane lui jette quelques ordures noires et gluantes, fouette son cheval, et met en branle sa carriole. Le chien avale le tout, fait une inspection en règle de la benne, et, comme je m’approche de lui, vient me retrouver en boitant. Nous passons donc ensemble le grand porche en ferraille, qui fend le vieux mur de ciment, et forme l’entrée du parc.

Le teckel trépigne et me regarde. Il a probablement vécu au chaud, chez une dame ou dans une famille, et se croit en balade. Pourtant Hrom ne peut avoir l’air aussi pouilleux et débrouillard sans être un chien errant, un teckel fuyard ou abandonné, usant de la truffe et mendiant, sans maître. Je me dis que, quand même, pour un boiteux, il se tire bien de cette affaire. Pour survivre face aux hommes et aux autres chiens, il s’est adapté aux habitudes, aux règles propres à chaque espèce, et sait différencier les individus. Du haut de ses trois pattes, il en tire un certain savoir faire, et défit la loi du plus fort.
Quelques mètres après l’entrée du parc se trouve un panneau interdisant aux hommes d’y promener leurs chiens. Dans le cercle rouge de la loi, un homme et un chien, barrés d’une grosse diagonale, interdits de promenades communes. Le parc dépend de l’église et du cimetière, les gardiens y portent la barbe, de gros sourcils sévères, et la cape noire de l’autorité religieuse. Je regarde Hrom et pour la première fois notre association m’inquiète. Mais à cet endroit précis le boiteux me quitte pour de bon, sans un regard, pour aller flâner dans le parc immense.
« Ah non ! » je m’exclame, « Ta survie est un exploit dont la médaille te revient toute entière, et je veux bien te couronner roi des teckels. Mais tu ne me feras pas croire qu’en plus, si tu croises un panneau, tu le comprends. L’histoire de Hans te précède ! »


cliquez sur la photo pour voir l'oeil de Hrom

* SURVIRE A DARWIN : survivre à ce que certains théoriciens ont fait de Darwin : la victoire du plus fort comme seule loi – et l’égoïsme comme seul moteur.

L’histoire de Hans à lire sur
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3.10.2007


Fejat Sejdić / Dancho chochek (trad.)


Né en 1941, Fejat Sejdić fut propulsé leader de l’orchestre portant son nom à l’âge de quatorze ans. Son père venait de mourir. L’orchestre est inconnu jusqu’en 1969, au festival de Guća. Fejat Sejdic et son orchestre commencent alors à amasser toutes les récompenses du festival, jusqu’à décrocher la trompette d’or en 1982.

Fejat Sejdi
ć n’a jamais lu une seule note de musique. Si on lui demande de jouer un morceau écrit, il répond : « si on joue avec une partition, à quoi sert l’âme ? »

L’héritage de la trompette chez les Sejdi
ć se perpétue sur cinq générations à travers plus d’un siècle.
L’arrière grand père Sejda, le grand père Rustem, le père Kadrija, Fejat Sejdić, son fils Zoran et son petit-fils Nebojsa.
Le grand père de Fejat était à la première guerre avec son fusil et sa trompette. Il décoda la partition sonnant la retraite des soldats Bulgares et la joua sur le front, provoquant le recul des ennemis. Il reçu alors la croix de Karadjordje, très haute distinction militaire..

La petit-fils de Fejat Nebojsa Sejdić commença la trompette à trois ans et fut un prodige admiré dans sa jeunesse. Il tient aujourd’hui la trompette solo dans l’orchestre mythique.
Une chanson à la gloire de Fejat Sejdić est régulièrement jouée par différents orchestres lors du festival de Guća. Le refrain : "hey Fejat, hey mon frère, quand tu joues de ta trompette, mes douleurs s'évanouissent".

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1.22.2007

En serrant la pince à Emir...

Vesna m'appelle déjà pour la troisième fois : "Enfin Raphaël, mais qu'est ce que tu fous pićka ti mater (par la chatte de ta mère) ! on ne laisse pas passer une chance comme celle-là !!!"
Je cours dans les couloirs du métro, cela fait remonter bien des souvenirs, car en règle générale, je pars pile au moment où je suis sensé arriver. Je sors à Châtelet, direction Pompidou, au pas de course. Je réfléchis à ce que je pourrais bien lui dire, à cet Emir, que je suis venu voir.
J'entre enfin, en nage, dans le centre culturel de Serbie, et je monte quatre à quatre les marches qui me mènent à la réception. Vesna m'accueille en me faisant les gros yeux, et je lui répond par une petite mine désolée. Elle transforme aussitôt sa moue en sourire, je crois qu'elle a un peu le béguin.
Comme je suis grand, je le repère de suite, au fond de la salle, entouré de gens qui se pressent, comme des mouches, autour de lui. Le grand Emir Kusturica, celui d'Underground, de chat noir chat blanc... Un colosse aux yeux noircis, à la mâchoire impressionnante, à la chevelure de chien errant. Le type a l'air calme et posé. Vesna m'explique qu'ici personne ne fait de cinéma, et que c'est cela qui l'apaise. Alors moi aussi je me presse, je joue des coudes, jusqu'à l'atteindre. Seulement à ce moment il décide de changer d'air et de coin. Mon sang ne fait qu'un tour, car il me semble que je n'aurai pas de deuxième chance, et je me mets à crier, "Emiiiir !!!" en roulant le "r", pire qu'un italien.
Le colosse se retourne, et me contemple. Il me sourit, mais plutôt l'air moqueur qu'avenant. Alors je m'aperçois que je n'ai pas eu le temps de me rafraîchir, et que je dégouline de sueur, que ça me donne l'air ridicule... tant pis.
Je lui explique en serbe que je suis un français "propre" (ce qui veut dire, en serbe, à 100%), mais que j'ai appris sa langue, que je connais son pays, que je veux faire un documentaire sur la Serbie, et que j'ai besoin de lui.
Je ne lui demande ni argent, ni contact, ni soutien. Ce que je veux c'est une interview, qu'il me parle de la Serbie, pour faire avancer mon film (et pleuvoir le fric). Il me dit que le patron du centre culturel va me donner son numéro au village, en Serbie. Je tente d'avoir son mail, mais il m'explique que c'est compliqué pour lui, trop de demandes. Je le remercie et laisse les autres mouches l'assaillir, puis me dirige vers le patron du centre culturel, en costard pincé, au sourire stupide et sûr de lui, pour lui réclamer le numéro promis. Il m'explique de revenir "une autre fois"
... ça va les mecs j'ai compris...
Avant de partir, voilà que je croise à nouveau Emir qui change continuellement de coin, et là je fais une connerie.
Lorsque je parle serbe, toujours, je me crois en Serbie. Avec les serbes, s'il y a un truc qui marche bien, c'est de les appeler "frère", alors d'eux on obtient tout, ou presque.
Je lui serre la pince, et lui dis, en serbe "Je pars frère, j'espère qu'on se reverra". Malheureusement ce qui marche avec les bons paysans serbes ne marche pas avec le gratin. Ces yeux déjà très noirs s'assombrissent encore... Il me répond "vidimo se" (nous nous reverrons), mais il regarde ailleurs, exprès.
... ça va mec, j'ai compris...
je ne suis pas ton frère, et tu ne m'aideras pas.

Tant pis mec, avec ou sans toi, je ferai ce film, ce sera sans toi.

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