12.02.2007

Histoire I : Rome

La mosaïque la plus célèbre trouvée à Mediana,
la luxueuse demeure de l'empereur Constantin.
Aujourd'hui exposée dans le musée de Belgrade
(photo prise par le musée)


Niš tiendrait son nom des Grecs, qui baptisèrent cette colonie Naissos, la cité des nymphes, en s’inspirant de leur nymphe des eaux Naiad et de la belle rivière traversant cette vallée. (photos)
Les Romains, lors de la conquête de la Grèce, prirent le contrôle de la ville et transformèrent Niš en une base stratégique nommée Naissus.
À l’aube du troisième siècle, les Goths envahirent la région. Leur lutte contre l’empire Romain prit sa tournure la plus sanglante lors de la bataille de Naissus, qui fut le premier carnage mémorable subit par cette ville (on dénombra entre 30000 et 50000 cadavres). Les Romains emportèrent la victoire et la ville resta dans l’empire pour deux siècles supplémentaires.

En 272, le fils du commandant Constantius Chlorus naquit à Naissus et devint l’empereur Constantin le grand. Il construisit une vaste résidence luxueuse à Mediana, (en bordure de Niš) ou il prit de nombreuses décisions concernant tout l’empire.
Au quatrième siècle, toujours sous le joug Romain, on construisit à Niš l’un des plus ancien monument chrétien.
Pendant plus d'un siècle, Naissus acquit la prospérité et devint un carrefour entre l'orient et l'occident. Ce qui attira rapidement les convoitises.
Attila pilla et rasa la ville entière en 443, en massacrant tous ses habitants au passage. Des années plus tard, on trouvait encore des milliers d’ossements humains à travers Niš.
L’empereur Justinian I tenta vainement de reconstruire la ville qui ne recouvrit jamais sa splendeur du quatrième siècle.



quelques restes de la luxueuse villa de Mediana, marqués par le passage d'Attila

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10.09.2007

zidovi nose historju - les murs portent l'histoire - history written on walls

History of Serbia through the architecture of Niš.
On the bottom, an old wall of Tverdjava, a fortress used by Romans and Ottomans. On the background, a house from the monarchist period.
On the top, grey buildings from communist time, and in the middle, new and colorfull buildings, constructed by private firms, witness of the actual capitalist system.
L'histoire de la Serbie à travers l'architecture de Niš.
Tout en bas, un mur de Tverdjava, forteresse utilisée par les Romains
puis par les Ottomans, en arrière plan une bâtisse issue de l'époque monarchiste.
Tout en haut, les buildings gris de l'époque communiste, et au centre, les bâtiments contemporains fabriqués par des sociétés privées, frais témoins du capitalisme actuel.

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9.16.2007

svetla - lumière - light

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8.25.2007

Zajdi zajdi jasno sunce - couche toi brillant soleil - Sunset Macedonian song

En orthographe francisé : Zaïdi, zaïdi, yasno souncé








Traduction des paroles :
Couche - toi, couche - toi brillant soleil
Couche - toi, assombri - toi
Et toi, éclatante pleine lune
Vas t'en, noie toi !

Pleure forêt, pleure ma soeur
Pleurons ensemble
Moi je pleure ma jeunesse
Et toi tes feuilles

Tes feuilles
Forêt ma soeur
Vont revenir un jour
Ma jeunesse
Forêt ma soeur
Ne reviendra plus

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8.20.2007

Klima - climat - climate


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8.08.2007

Centar - centre ville - center



cliquez sur le presqu'panoramique, il est pas mal en grand..

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Četvrtina spavaonica - cités dortoir



Le coeur d'une cité dortoir de Niš, avec ses étendues de gazon, ses parkings, son terrain de basket, son "trafik" (tabac, presse, épicerie)..

Les travailleurs agitent bruyamment la cité le matin et le soir. Dès cinq heures, dans le concert matinal des oiseaux, les voitures poussives lancent leurs premiers râles, les bus ramassent leurs premières grappes de salariés endormis*. Vers sept heures les écoliers, collégiens, lycéens, prennent le relais en piaillant. Une heure plus tard, la cité, presque vide, se rendort.
L'après midi les poubelles et leur lot de bagarres entre chiens et chats errants deviennent les seuls points d'agitation du bitume et du gazon presque déserts. Quelques bébés se promènent en famille, quelques anciens marchent en solitaires, quelques jeunes, échappés du collège, s'entraînent au basket pour les matchs du soir.
Parfois un homme abattu traverse lentement la cité, bâtiment après bâtiment, étage après étage, pour tenter de trouver derrière l'une des deux cent cinquante portes un acheteur pour ses quatre assiettes et sa paire de pantoufles.
On entend le son d'une télé crachotante, l'accordéon d'un voisin mélomane, les sabots des chevaux tsiganes, les coups de marteau des chantiers tout proches. Des gens bronzent sur leur balcon, étendent le linge, discutent parfois la tête dans le vide avec le voisin du balcon supérieur.
Le soir, les jeunes se regroupent en fonction des âges. Les grands prennent d'assaut le terrain de basket jusqu'à deux ou trois heures du matin. Les plus jeunes s'assemblent pour discuter ou jouer au foot, souvent ils se séparent à nouveau en deux groupes côte à côte, parfois ils s'éparpillent dans toute la cité, mais rarement.


Les gens se connaissent un peu tous, comme dans les villages, mais beaucoup affirment que c'est un fait récent. De très nombreux habitants se sont rencontrés lors des rassemblements spontanés qui ont eu lieu au coeur des cités dortoirs pendant les bombardements de l'Otan.
Des âmes têtues qui se remontaient le moral à coups d'eau de vie, de slogans nationalistes et de grands rires, ou juste des spectateurs effrayés qui se rassemblaient pour commenter fébrilement les salves d'obus téléguidés. Avec une brique de lait et un morceau de pain par jour et par famille, il faut imaginer toute une bande de crève-la-faims apeurés mais fiers et rageurs, mettant en place la survie du quartier, affichant une solidarité bruyante, défiant les bombardiers lors de concerts où chaque spectateur brandissait au dessus de sa tête une cible photocopiée.
L'intensité des échanges humains pendant cette période est raconté par tous avec fierté et parfois même une certaine nostalgie. Beaucoup parlent d'amour et d'amitié reçus et donnés de manière hystérique, balayant les privations et l'anxiété extrême du moment.
Quelques habitants devenus amis m'ont expliqué, à voix basse, combien cette flambée de sentiments solidaires était aussi fragile que tapageuse. Entourée du fracas des bombes, de rumeurs alarmistes et superstitieuses, de conflits entre pro et anti Milosevic, d'actes de pillage, de folie, de panique.. Un avant-goût de chaos anarchique et violent, que l'on passe volontier sous silence dans les récits, pour s'en tenir à l'essentiel : la flamme des solidaires a tenu.
Le contexte a tissé des liens en tous sens entre les étages et les bâtiments, liens qui existent encore aujourd'hui, et qui expliquent pour certains habitants le sentiment de "grande famille", en vogue dans les cités dortoir de Nis, et dans toute la Serbie bombardée.

* voir "Jutro - matin - morning" dans le menu

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8.07.2007

periferia - periphérie - suburb


Dans les quartiers de maisons en chantier, c'est chacun chez soit. La construction des étages et le potager à occupent la plupart du temps libre des adultes. Les jeunes s'enfuient retrouver leurs potes dans le centre ou dans les cités dortoirs toutes proches. Dans les chemins mi-boue mi-goudron personne pour ralentir le pas. Seules restent les poules pour offrir un peu d'animation.

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Ces deux là ne sont pas côte à côte le temps d'un week-end chez mémé,
ils vivent ensemble.

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7.20.2007

Gradilište - chantier - building site

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7.19.2007



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Nova Četvrtina - nouveau quartier - new district


Tous les batiments photographiés ici sont habités (si!si!), quelques explications vous attendent dans les commentaires..



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Quatre types d'habitations se bousculent dans ce quartier champignon, en périphérie de Nis. Les maisons rouges aux étages en éternels chantier, les grosses bâtisses un peu plus anciennes qui abritent plusieurs familles, les maisonnettes avec chat, cochon et potager, et ce manoir flambant neuf planté au milieu des bétonnières et des briques.
Mes guides Igor et Tanja ont fermement refusé de me laisser y sonner, saisis d'une peur terrible. Pour eux une demeure de ce genre ne peut être qu'un nid d'âmes criminelles et mafieuses.

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Beverly Hills


Ce quartier en pleine construction est surnommé, non sans humour, "Beverly Hills" par les habitants de Nis. Il rassemble la plus forte concentration de richesses de cette ville. On y rencontre notamment le nouveau directeur de l'industrie de tabac de Nis, un français (qui a fait de l'ancien directeur serbe son jardinier), et des stars des médias Serbes.

Je me suis donc approché des ouvriers pour leur demander s'ils connaissaient quelques futurs propriétaires. Ils m'ont répondu d'une seule voix pleine de fierté : "celle-ci est pour le premier ministre !!" - tiens, coïncidence amusante..


Le seul endroit de Nis où l'on trouve un style de jardins à la mode occidentale
(c'est moche hein?).

Ouvrier en pause sur la terrasse d'une villa.

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7.07.2007

Hrana u bašti - potagers urbains - food in the garden


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Jedan dan, dva posla - doubles journées - one day, two jobs


De nombreux Serbes de Nis commencent leur emploi principal à sept heure du matin et finissent à quinze heure, pour un salaire très maigre. Devant une situation que le premier ministre Serbe résume, avec un peu d'exagération, à "des salaires africains pour des prix européens", les habitants se débrouillent après quinze heure pour compléter leurs revenus dérisoires. On les retrouve vendeurs de ciseaux et de robinets au Buvljak, vendeurs de vêtements importés de Turquie envahissant le marchés aux légumes, artisans tapant sur des gouttières ou pétrissant la pâte de délicieux bureks au fromage, garagistes, ébénistes et couturières oeuvrant à domicile.
Les travaux agricoles prennent une bonne place dans cette activité secondaire, entre quinze et seize heures les bus rouges de Nis emmènent des milliers de serbes aux villages alentours. Des professeurs, policiers, employés de mairie et ouvriers, y passent l'après midi le nez dans un sillon, avec femme, bottes et tracteur.
En ville, quelques terrains exploités, trop petits pour suffire à un paysans et sa famille, témoignent de ces doubles journées, et le chant du coq retentit parfois près des plus gros carrefours, en guise de symbole.

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6.17.2007

Buvljak - le marché au troc - second hand market



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"Notre passé est sinistre, notre présent est invivable, heureusement que nous n'avons pas d'avenir."
〔anonyme, Serbie〕

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A partir de cette rue s'étend un marché beaucoup plus "normal", ou serbes et tsiganes vendent des fruits et légumes mais aussi de nombreux vêtements. Dans la partie réservée au Buvljak, et dans les rues environnantes, on rencontre la pauvreté des serbes et le dénuement total des tsiganes. L'ambiance est pesante et les achats très rares malgré des prix cassés. Le regard du vieil homme est pour moi lourd de sens, le marché du troc provoque un regroupement de clients et de vendeurs fauchés et malheureux. Je vous laisse imaginer ceux qui vendent deux cassettes audio et une paire de chaussures ; ceux qui, assis par terre et la tête baissée, vendent un balais, deux stylos et un jeu pour enfant ; ceux qui m'envoient au diable parce que je veux filmer leur étalage d'autoradios douteux ou leur stand plein de vestes volées à l'armée serbe.
La misère et la magouille comme spectacle je m'en passe volontiers, j'aime tenter de trouver ce qui peut être beau ou même juste sympathique dans cet enfer.

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6.08.2007

Romi / cigani - Roms / tsiganes

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En ville les Roms (ou tsiganes) vivent dans des quartiers aux allures de bidonvilles boueux et ne se mélangent pas aux Serbes. Ils conduisent des carrioles et fouillent les poubelles de la ville entière pour y ramasser toutes sortes de choses. Ils revendent ensuite leurs trouvailles, notamment auprès d'usines de recyclage des cartons d'emballage. (une sorte de tri sélectif version Serbo-Tsigane).

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Romi u selu - Roms au village


Dans le village de Mokra il y a quatre petites maisons très colorées typiques des tsiganes, qui contrastent avec les maisons serbes, en majorité blanches.
L'une d'entre elle, peinte d'un vert vif, est habitée par Džamil (djamil, prénom tsigane), Hilmija (ilmiya, prénom tsigane) et deux de leurs enfants, Zoran et Svetlana (prénoms serbes, les Roms de Serbie ont tendance à abandonner les prénoms typiquement tsiganes).

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Morceaux choisis de notre échange :
à propos des serbes : "les serbes d'ici s'entendent bien avec nous, nos enfants jouent ensemble, (posant la main sur la tête d'une jeune serbe du village) la petite voisine vient quand elle veut, et elle le sait ! (la jeune fait oui de la tête). Mes amis sont presque tous serbes."
à propos des conditions de vie : "J'aide ceux qui possèdent des terres pour les travaux des champs, et ils me payent un peu. Aujourd'hui les gens ne peuvent me donner que des salaires en aliments, car ils n'ont plus d'argent pour eux-même. Nous survivons avec une pension misérable de ma femme. Ma fille ainée est mariée à un allemand et ils nous aident un peu."
à propos des Roms : "je ne connais rien à l'histoire de mon peuple et cela ne m'intéresse pas. Mon histoire est celle des serbes et du village de Mokra. Nous cultivons simplement certaines traditions de notre peuple, regarde ma maison, jamais tu n'en verras une aussi colorée appartenir à un serbe."

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"Filme ma fille et montre son beau sourire en France, je lui cherche un prétendant et j'aime beaucoup les français, au fait, tu es célibataire ?"
(mon guide et sa femme font non de la tête, je les fusille du regard, tout le monde se marre..)


"Bon je te joue un petit air de cornemuse, d'accord ? Si tu veux comprendre ce qui fait la vie d'un Rom tu dois écouter son instrument."

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5.31.2007

Selo Ukras - village : décor (background)

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5.30.2007

nouvelles photos sur le thème / new pictures on :
jutro - matin - morning

5.21.2007

Zivot na selu - vie au village - life in village



I met in serb villages some people i'll never forget. Like this one who try to domesticate day after day his young cow, almost wild. This other who put his wife on the home-made carryall to go work on fiels. And this old cheerfull man saying to me that, as a producer of his own wood, meat, bread, cheese, honey, wine and rakija, he saw the war passing by and didn't loose his smile.


J'y ai rencontré des hommes qui m'ont marqué à jamais, tel celui-ci qui passe des jours entiers à tenter d'amadouer sa jeune vache presque sauvage, celui-là qui pose sa petite femme sur sa carriole tout en bois pour s'en aller aux champs, et l'autre qui se marre de me dire qu'en obtenant de ses mains son bois, sa viande, son pain, son fromage, son miel, son vin et sa rakija, il vit passer la guerre en riant...

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